Comment ZENDURE pourrait-il améliorer la gestion des batteries en triphasé ?

Je vous propose une analyse des limites techniques du système de gestion énergétique Zenki de Zendure lorsqu’il est utilisé sur un réseau électrique triphasé.

J’explique que le dispositif actuel commet l’erreur de cumuler les mesures des trois phases au lieu de les traiter individuellement, ce qui provoque des cycles de charge et de décharge incohérents. Ce défaut de conception entraîne une usure prématurée des batteries et réduit l’efficacité financière de l’installation solaire pour l’utilisateur.

Bien que le constructeur privilégie une approche simplifiée adaptée au monophasé, je recommande une mise à jour logicielle pour permettre un pilotage indépendant par phase.

J’incite donc la communauté à solliciter le service technique afin d’obtenir une gestion véritablement optimisée et intelligente du stockage d’énergie.

ZENKI triphasé

Zendure Zenki en Triphasé : Pourquoi votre batterie pourrait agir contre vos intérêts (et comment l’éviter)

Introduction : Le paradoxe de l’installation « intelligente »

De nombreux utilisateurs de systèmes photovoltaïques font le choix de passer au triphasé pour répondre à des besoins énergétiques croissants, comme l’installation d’une borne de recharge ou d’une pompe à chaleur. Si le matériel de stockage Zendure bénéficie globalement d’une excellente réputation, l’intégration du gestionnaire d’énergie Zenki en environnement triphasé révèle une faille structurelle majeure.
En tant qu’expert, j’ai pu observer que Zendure sait être à l’écoute : ils ont déjà corrigé par le passé des problèmes complexes, comme la normalisation des tensions (207-253V) pour respecter les normes européennes. Pourtant, sur la gestion du triphasé, le système actuel agit parfois à l’encontre de l’efficacité énergétique promise. L’utilisateur s’attend à une optimisation fine, mais se retrouve face à un « cerveau » qui ignore la réalité physique de son réseau.

Le triphasé n’est pas « une grosse phase » unique

Pour comprendre le problème, il faut revenir à la nature même du courant triphasé. Contrairement au monophasé classique, le triphasé transporte l’énergie via trois conducteurs (phases) distincts et un neutre. On mesure 230 V entre chaque phase et le neutre, et 400 V entre deux phases.
Le triphasé est indispensable pour :
  •  Fournir une puissance totale élevée (ex: 15 kVA, soit 75 ampères répartis sur trois lignes).
  • Alimenter des équipements gourmands comme les pompes à chaleur ou les bornes de recharge de 11 kW.
  • Assurer un meilleur rendement global de l’installation.
Dans une maison, chaque phase alimente des circuits différents. Pour une gestion énergétique performante, chaque phase doit donc être considérée comme une entité de consommation totalement distincte.

L’erreur de conception du HEMS Zenki : La fiction financière face à la réalité physique

Le cœur du dysfonctionnement réside dans la manière dont le HEMS Zenki traite l’information. Il effectue une « somme pondérée » des trois phases, une approche calquée sur la logique de facturation d’un compteur Linky.
Prenons l’exemple d’une habitation :
  • La Phase 1 consomme : 4000 W.
  • La Phase 2 injecte : 2000 W.
  • La Phase 3 injecte : 500 W.
  • Le calcul du Linky : + 4000 – 2000 – 500 = + 1500 W de consommation globale facturée.
Si cette méthode est mathématiquement correcte pour votre facture, elle est une « contrevérité » pour la régulation physique de vos batteries. Les électrons ne sautent pas magiquement d’une phase à l’autre pour s’équilibrer. En traitant l’ensemble comme une « grosse phase unique », le HEMS Zenki ignore que la Phase 1 est en souffrance réelle tandis que les autres sont en surplus.

L’absurdité technique : charger en pleine consommation

Cette gestion centralisée conduit à des situations aberrantes. Imaginez que votre Phase 1 consomme fortement sur le réseau. Simultanément, vos panneaux sur les Phases 2 et 3 produisent un surplus.
Parce que la somme totale est une injection, le HEMS Zenki ordonne une charge générale des batteries. Résultat : la batterie située sur la Phase 1 se met à consommer de l’électricité pour se charger, alors que cette même phase est déjà en déficit de production. L’utilisateur voit alors sa consommation sur le réseau augmenter inutilement sur une phase, simplement parce que le système est incapable de distinguer l’origine physique du surplus.

Les conséquences sur votre portefeuille et votre matériel

Ce défaut de régulation engendre des impacts directs et néfastes sur votre installation :
  • Usure prématurée des cellules : Multiplication de cycles de charge/décharge incohérents.
  • Perte d’énergie stockable : Incapacité à capter le surplus de manière optimisée.
  • Autoconsommation dégradée : Le système ne compense pas là où la demande se situe réellement.
  • Perte financière : Surcoût d’énergie lié à la consommation induite par des charges de batterie malvenues.
  • Perte de confiance dans l’automatisation : L’utilisateur finit par douter de la pertinence de son investissement face à un comportement erratique.

La solution actuelle : Le mode CT Intelligent

Le paradoxe est que Zendure possède déjà la solution logicielle, mais elle n’est pas exploitée par le HEMS Zenki.
Pour obtenir une régulation « Zéro Watt » réelle en triphasé, il faut actuellement contourner le HEMS Zenki et adopter la configuration suivante :
  • Installer un compteur Shelly Pro 3EM pour une lecture phase par phase.
  • Architecture matérielle : Disposer impérativement d’une unité de stockage (type Solar Flow Hyper 2000) physiquement raccordée sur chaque phase.
  • Activer le paramètre « CT Intelligent » et le « suivi de l’énergie excédentaire » dans l’application.
    Dans ce mode, chaque batterie réagit uniquement à sa propre phase. Si la Phase 1 consomme, sa batterie se décharge. Si la Phase 2 injecte, sa batterie se charge. C’est la seule méthode garantissant une efficacité physique réelle.

La réponse de Zendure et l’avenir du système

Interrogée sur cette problématique, l’IA du support technique de Zendure a admis cette limitation structurelle :
L’architecture du produit répartit la puissance et le stockage de manière centralisée plutôt que phase par phase. […] Il n’existe pas encore de solutions natives permettant une gestion intelligente et centralisée du triphasé avec synchronisation automatique.
Cette réponse confirme que le système a été pensé pour le marché monophasé. Toutefois, l’histoire de la marque prouve qu’une pression de la communauté peut mener à des mises à jour majeures. Il est crucial que les utilisateurs fassent remonter ces anomalies pour forcer le développement d’un mode « triphasé avancé » natif.
Pour améliorer le système de gestion énergétique Zenki à l’avenir, je suggère plusieurs évolutions logicielles et structurelles visant à rendre le système réellement compatible avec les exigences du triphasé.

Voici les pistes d’amélioration identifiées :

  • Ajout d’un mode « triphasé avancé » optionnel : Une solution consisterait à conserver le mode de fonctionnement actuel pour les installations monophasées (le plus fréquent) tout en ajoutant une option spécifique pour le triphasé. Cela permettrait aux utilisateurs avertis de bénéficier d’une régulation fine sans complexifier l’interface pour le grand public.
  • Gestion indépendante des phases : L’amélioration majeure résiderait dans l’abandon de la « somme algébrique » globale (type Linky) au profit d’une gestion phase par phase. Le système devrait être capable de traiter chaque conducteur comme une entité distincte pour éviter les cycles de charge/décharge incohérents.
  • Intégration de compteurs communicants plus précis : Le système gagnerait à s’appuyer nativement sur des compteurs capables de fournir des mesures granulaires par phase, à l’image du Shelly Pro 3EM, pour piloter les batteries de manière cohérente.
  • Synchronisation automatique entre les phases : Zendure pourrait développer une solution permettant une coordination globale intelligente où les différents appareils (Solar Flow, Hyper 2000) communiqueraient entre eux pour équilibrer la charge et la décharge de façon synchronisée sur l’ensemble du réseau triphasé.
  • Évolution de l’architecture logicielle : Actuellement, l’architecture est jugée trop « centralisée ». Une évolution vers un système capable de distribuer la puissance et le stockage par phase permettrait une meilleure optimisation énergétique réelle.
Les bénéfices attendus de ces améliorations : une telle évolution permettrait à Zendure d’offrir une meilleure optimisation énergétique, d’améliorer sa compatibilité avec les installations modernes et de renforcer son image de marque auprès des professionnels et des utilisateurs experts. Cela mettrait fin aux pertes d’énergie et à l’usure prématurée des batteries constatées avec le système actuel.

 

Conclusion : Vers une gestion réellement intelligente

La gestion indépendante des phases ne doit plus être considérée comme une option avancée, mais comme un standard de la domotique énergétique moderne. Un système « intelligent » ne peut plus se contenter d’une simplification comptable qui contredit les lois de la physique.
En attendant que Zendure fasse évoluer le logiciel du HEMS Zenki, le recours à des solutions tierces comme le Shelly Pro 3EM couplé à une répartition physique des batteries reste l’unique voie vers une autonomie réelle. À l’heure de l’électrification massive, peut-on encore accepter que le « cerveau » de notre maison ignore la réalité physique de nos câbles au profit d’une simplification logicielle ?

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